samedi 9 février 2008

Atlantide

Que feras tu de cette rose
Lorsque tombera néphrétique
La rime épuisée d'overdose
Sans ses atours mélancoliques…

Puiseras-tu dans les nuages
La blancheur de son doux visage ?

Souviens-toi toujours de la rose
Qui jamais ne partage
L'aube de ses rivages
Qu'au travers des mirages
Que la vie lui impose,
A la douceur éclose
Du printemps de son âge,
Automne, ô mon adage…

Perchée dans les sous-bois,
Entre deux murs de pierre,
Elle ferait de son roi
Filigrane de lierre
Celui en qui elle croit…

Que ferais tu de notre histoire,
Quand bien même le désespoir
S'écroulerait sous l'amertume
De ces petits morceaux de plumes
En qui j'avais gardé l'espoir…

Suis-je à ce point si névrosée
Que je n'ose même plus voir
Ce que la vie m'a arraché…

Pas même en rêve…

Que dois-je dire ou espérer,
Que dois-je écrire sans ratés,
Pour te prouver combien je t'aime…

Que dois-je taire par amour,
Petite fée de basse cour…
Je fuis à jamais les détours
Dont les contours édulcorés
Me disent qu'il faut espérer…

Futile serait mon discours
Face aux larmes des tristes jours,
Ces jours où j'ai peur de l'amour,
Ces jours où j'ai le mal d'aimer…

Ces jours…

Qui pleurent et qui froissent mon Être,
Dès lors que j'ouvre mes fenêtres
Sous la pluie digne et silencieuse
D'une poésie,
Maladroite, insensée
De ce que le cœur crie,
Mais ne peut malgré tout
Rien changer…

Ces jours…

Fades,
Invalides,
Blêmes et cruels,
Invisible à l'œil nu,
Retranchés
Dans l'écriture
De pauvres auteurs
Inconnus

Ces jours…

Glacés de solitude,
Et qui nous rendent dingues,
Quitte à s'enquiller d'un baltringue,
Se le coller contre la tempe,
Accoudé à la rampe
D'un tracé qui déglingue
La moelle et ses échardes
Dans la pureté blafarde
Du soleil qui s'éteint…

Ça parait dingue…
Pourtant c'est nous…

Ces trajectoires…

Qui crèvent d'impatience
En gloire à la romance
De la raison funeste
Des communiantes,
Intransigeantes,
Face à leur destin,
Lugubres et rampantes,
Catins saignantes,
Indigentes,
Sanguines titubantes…

Ces jours …
Où les oiseaux,
Blessés,
S'unissent pour mourir,
Sans se cacher…

Dieu qu'il est doux d'aimer…
De se sentir aimé…

Et tous ces jours…

Bordés d'ignorance,
Ciselés,
Craquelés
Morcelés,
Creusés comme on creuse sa tombe,
Vidés de leur essence,
Ecartelés
Massacrés de charognes
En proie à la besogne,
Sans conviction,
D'un battement qui cogne
Les parois intérieures
Des silences,
Qui se confondent
Et se meurent
Sous le vent…

Ces jours…

Qui s'épuisent et s'épargnent toute liberté
Au nom de l'équité,
Quitte à s'en arracher la langue,
Pourvu qu'elle dégaine
Sa misère
Face à sa propre volonté…

Ces jours…

Où tu te sens crever,
Toi,
Misérable chien,
Qui traîne sans recours…

Toi,
Le moins que rien,
Qui supplie ton Amour
De revenir vers toi,
Parce qu'elle n'a que toi
Pour fait battre son cœur
Et qu'il n y a plus qu'elle
Pour faire battre tes ailes…

Toi…

Misérable poète
Dont le sort
Ne tient
Qu'à la gloire de tes mots,
Pourvu qu'ils soient beaux,
Parce que c'est Elle,
Parce que c'est Lui,
Et que tu ne sens pas sa tête
Au creux de tes mains...

Toi…

Qui la désire
Qui la sent,
Chaque instant de ta vie,
Toi,
Funambule,
Ridicule,
Face à la cruauté de ses reins
Que tu dessines
D'un regard clandestin,
Chaque fois
Qu'elle demande ta main…

Ces jours sans foi…

Où plus rien n'existe
Mais persistent,
Dans l'infiniment beau…

Ce beau que tu chéris comme on aime une femme,
Ce beau qu'elle a suspendu au creux de ton âme
Comme un flambeau,
Qui se meurt dans les flammes
D'un jour nouveau,
Mais qui, peut-être,
N'existera jamais
Sous les allures champêtres
D'une simple envie d'Être…

Ambidextre…

Ces jours …

Perfusés de douleur,
Transfusés de pudeur,
Qui consument mes clopes
Et transpirent de douleur
Même quand le train déraille…

Ces jours…

Où je te devine,
Et m'assassine
À te regarder
Allongé,
Là,
Sur le divan,
Rêvant de notre avenir,
Pendant que je dors
Sur ton corps,
Sereine en ma Venise…

Ces jours…

Où je ne suis rien d'autre qu'une plume,
Frêle et silencieuse,
Malheureuse,
Amoureuse,
Suspendue à l'ancre de ton nom,
Digne,
De tous les sortilèges que la vie nous inflige,
Et si fragiles à la foi…

Ces jours…

Où le temps court comme un fou…

Où plus rien ne compte sans toi…
Parce que c'est Toi…

Je n'aime pas Tes larmes…
Ne compte plus les miennes…
Elles forgent mon destin…

Je confère à la vie
Ce qu'elle m'aurait donné
Dans le bleu de tes yeux
Dussé-je être Atlantide pour te rendre heureux…

Si tu perds un enfant,
Que tu n'crois plus en rien,
Dis toi que seul le temps
Peut te tendre la main...

Posté par Wendy44 à 01:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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